Mes 5 résolutions littéraires pour 2016

Résolutions littéraires 2016
Janvier, l’heure des résolutions pour beaucoup et si je n’en fais pas sur le plan personnel, j’ai eu envie d’aborder le sujet du point de vue des livres.

Mon bilan littéraire de l’année n’a pas pour but de balancer des chiffres dans le vide, mais il me sert avant tout à faire un état des lieux de ma façon de lire sur un an. Grâce à un simple produit en croix, je me calcule quelques pourcentages pour illustrer cela sur divers plans : sexe des auteurs, genre littéraire, origine ethnique, langue originale ou non etc.. J’en retire les éléments qui me permettent de définir quelques points, résolutions comme on peut les appeler, que j’aimerais mettre en avant pour la nouvelle année.

Continuer un rythme soutenu de lecture, entre 150 et 200 ouvrages

Que l’on soit clair, je ne lis pas beaucoup pour dire que je lis beaucoup (en vérité je lis probablement bien moins qu’il y a 10 ans). Je me fiche de dire que j’en lis 10 ou 500, mais j’aime lire, j’en retire un grand plaisir et je ne suis point du genre à bouder mon plaisir, surtout quand il est aussi accessible. Plus je lis, plus je suis heureuse, curieuse et intéressée, alors pourquoi s‘arrêter ?

A rajouter à cela que lire me permet d’entretenir et d’enrichir mon vocabulaire et mes connaissances. Je n’ai nul doute que c’est la lecture qui me permet d’avoir un français à peu près correct (et de maitriser l’anglais en ne le pratiquant que quelques mois ou semaines dans l’année) et de nouvelles informations sur le monde qui m’entoure même lorsqu’il ne s’agit pas de mon domaine de prédilection. Je continue à apprendre en lisant, je continue à aller à l’école chaque jour grâce aux livres, et cela sans en avoir les inconvénients. Et je ne veux pas perdre cette richesse, jamais.

Continuer à découvrir les auteures féminines

En 2015, 83% de mes livres furent écrits par des femmes, et c’est ainsi depuis quelques années déjà. J’ai l’impression de les avoir tellement négligées pendant ma période scolaire (collège/lycée principalement) que je souhaite me rattraper et cela n’est pas compliqué. Parce que si le genre des classiques est majoritairement composé de livres écrits par des auteurs masculins (ce qui s’explique historiquement et socialement comme le rappelle Virginia Woolf), les femmes sont actuellement très présentes dans les plus grosses ventes en librairies et le nombre d’ouvrages proposé est colossal.

Moins d’auteurs blancs

C’est en tombant sur un article il y a plusieurs semaines que l’idée m’est venue de regarder l’origine ethnique des auteurs. La quasi-totalité des livres que j’ai lus en 2015 (je dirais 90 à 95 %) sont écrits par des auteurs blancs. Certes, ils sont compétents et c’est pour cela que je prends plaisir à les découvrir, mais ils ne sont pas les seuls.

De nombreux auteurs d’origine afro-américaine, amérindienne, latine, asiatique, moyen-orientale et j’en passe, écrivent autant et tout aussi bien. Ils sont simplement moins mis en avant par les distributeurs et maisons d’édition (regardez le top 50 des ventes en France, c’est flagrant -> les ventes n’étant pas forcément un signe de qualité mais avant tout de marketing, on note que la publicité ne vise que certains auteurs et quasi essentiellement les auteurs blancs) et je veux changer cela dans mon quotidien et vous en faire part également aussi bien sur le blog qu’en vidéos.

Plus de livres en langue française

Seulement 27 % de mes lectures de 2015 furent effectuées en français. C’est bien trop peu, je le vois au quotidien : je lis pratiquement tous les jours, quand je ne travaille pas cela peut durer plus de 12 heures par journée. Or, autant de lecture en anglais me fait perdre mon français, ou du moins m’en donne l’impression et ce n’est pas une sensation que j’apprécie particulièrement de devoir chercher mes mots comme si j’avais à nouveau 15 ans.

Alors je vais essayer de lire plus dans ma langue maternelle, en espérant que cela puisse se lier avec la résolution précédente et que par conséquent les éditeurs français aient traduit ces ouvrages venus de loin (à des prix accessibles).

Le plaisir avant tout

Ne pas me forcer à faire quelque chose que je ne veux pas est une exigence érigée en principe chez moi (à l’exception de payer son loyer, impôts etc bien entendu). Lire est un bonheur et ne sera jamais une obligation, je m’y refuserai toujours. Je ne lis pas pour écrire un article, pour faire une vidéo, parce qu’on me l’a demandé. Je lis uniquement, ce que je veux, autant que je veux et quand je veux, parce que c’est l’apanage même d’un loisir.

Et vous quelles sont vos résolutions de l’année, littéraires ou personnelles ?

8 Comments

  • Je te souhaite de découvrir pleins de livres intéressants 🙂 Moi, étrangement, je lis moins depuis que je suis en fac de lettres, du coup il faudrait que je prenne un peu plus le temps de me consacrer à mes lectures personnelles, et pas qu’universitaires !

    • Merci, très bonnes lectures à toi également ! Pas simple en effet de se détacher des cours, mais cela fait du bien au moral de pouvoir choisir ses lectures !

  • Salut,

    cet article est intéressant mais il me permet aussi de comprendre pourquoi je ne fais pas de statistiques sur ce que je lis. Vouloir élargir ses lectures en se consacrant un peu plus à la découverte d’auteurs venant d’horizons différents me paraît être une excellente idée, mais est-ce qu’il ne serait pas plus judicieux de raisonner en terme de diversité culturelle plutôt que de couleur de peau ou d’origine ethnique ? Par expérience je sais que la majorité des mes lectures sont anglo-saxonnes ou françaises. Depuis quelques temps je lis aussi de plus en plus d’écrivains sud-américains et asiatiques. Mais du coup je lis très peu d’auteurs scandinaves ou originaires des balkans tout en sachant que ces deux zones géographiques comptent leur lot d’excellents écrivains. Si je prend la résolution de lire moins d’auteurs « blancs » je risque d’élargir un peu mon horizon de lectures tout en continuant à en négliger certaines parce que ces statistiques sur la couleur de peau m’auront induit en erreur sur la diversité réelle de ce que je lis. Peut-être que derrière ce 95 % d’auteurs se cachent en fait 70 % d’auteurs anglo-saxons, 20 % d’auteurs français et 5 % pour le reste qui est quand même assez gigantesque (Italie, Allemagne, Espagne, Russie, Pays Baltes, Europe Centrale…).

    Tout ça pour dire que je pense qu’il faut se méfier de cette culpabilité ressenti à cause d’un pourcentage brut. Avoir envie d’aller vers la littérature d’un pays qu’on connaît mal ne nécessite pas de statistiques à mon avis. De plus il peut s’avérer parfois judicieux de se concentrer plus précisément sur la littérature d’un pays en particulier plutôt que de chercher à atteindre une exhaustivité qui incité à picorer à droite et à gauche.

    Bien sur toutes ces remarques n’ont pas pour but de critiquer tes habitudes de lectrice (que je ne connais pas), mais elles me sont venues à l’esprit en lisant tous ces chiffres et en pensant à mes propres habitudes de lecteur.

    Ton dernier paragraphe me plaît beaucoup parce que c’est surtout le plaisir de lire qui, en définitive, permet d’aller à la découverte de nouvelles expériences de lectures, quitte à les chercher ailleurs quand on a fini par se lasser de toujours lire les mêmes choses.

    Bonne année de lecture en 2016.

    • Bonjour et bonne année!
      Merci pour ton commentaire, je suis toujours ravie de lire des avis respectueux, c’est très stimulant.
      Je comprends tes propos et je partage ta vision. En vérité je pense que nous tendons vers une idée assez similaire mais que nous abordons chacun une question différente dans ce grand moule qu’est la diversité, d’où une certaine incompréhension des deux côtés.

      Là où l’on peut parler de littérature ou de culture amérindienne, maorie, saoudienne, péruvienne, russe, mogole, japonaise…, se trouve le plus souvent une différence ethnique (c’est beaucoup plus flou bien entendu dans les pays d’accueil cosmopolites comme la France, les USA, l’Angleterre..). Et je pense que ce n’est pas un fait à mettre de côté, parce que ces auteurs de couleur ne sont guère mis en avant dans nos librairies (et sont donc moins achetés -> moins de marketing donc moins d’achats, c’est ainsi que fonctionne l’édition malheureusement). Même dans la littérature occidentale (et française bien entendu) on ne retrouve que très peu d’auteurs issus de la diversité. Pourquoi cela quand nous en faisons partie, en fréquentons ou en croisons tous les jours ? Je suis bien incapable de citer 5 auteurs noirs français contemporains, il n’y en a aucun dans le top 50 des ventes sur Amazon (qui n’est pas représentatif de qualité bien entendu, mais des ventes et donc du marketing et de la mise en avant d’un livre par une maison d’édition et les distributeurs).

      Et c’est pour cela que je ne veux pas me concentrer sur une zone géographique ou un pays (bien que dans les faits cela se traduise en partie de la sorte – mais pas entièrement pour des questions de mondialisation), mais plutôt sur l’origine ethnique des auteurs qui demeurent négligés par une certaine partie du monde de l’édition. C’est un acte militant. Je ne l’ai probablement pas suffisamment exprimé dans mon article car je trouvais cela évidemment mais ton commentaire me fait penser le contraire et je suis désolée de ne pas m’être suffisamment expliquée sur ce sujet. Je ne pense pas me priver en faisant cela, je demeure très variée dans mes lectures (et je finis actuellement un bon Glenn Cook bien américain et commercial), mais cela me permet de découvrir une autre richesse et de la transmettre à mon tour en la mettant en avant, puisque passer par les circuits officiels n’est pas toujours efficace.

      Je te rejoins bien entendu sur le plaisir de lecture. A chacun de définir son bonheur, à présent ! Très bonnes lectures !

  • Je suis algérien et je te suis depuis quelques mois déjà, et j’aurais quelques livres d’auteurs algériens et arabes à te conseiller si tu veux découvrir d’autres horizons 🙂

    – Archéologie du Chaos Amoureux de Mustapha Benfodil (Je ne l’ai jamais vu en vente en France, mais il est dispo en ebook normalement).

    – Ma vie à contre coran de Djemila Benhabib (un essai couplé à une autobiographie de l’auteure qui a du fuir l’Algérie durant la décennie noire).

    – Nadja de Kateb Yacine (Le plus grand auteur algérien à mes yeux).

    – Le Prophète de Khalila Ghibran (Un grand classique que tu as peut être lu).

    – Et enfin, je te conseille tous les livres de Boualem Sansal que tu dois sûrement connaître.

    J’espère qu’au moins un des livres cités te plaira 🙂

    • Merci beaucoup pour ces références, c’est vraiment une gentille attention et je note bien tous ces écrits, cela va m’aider dans ma recherche de nouveautés !

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