Ce qui me manque (ou pas) du Japon

kyoto
Ma relation avec le Japon est très forte : premier amour, source de mon inspiration pour les voyages mais également rappel de moments plus amers et de désillusions. Somme toute, beaucoup de souvenirs.

Ce pays m’appelle et me manque tous les jours, j’exalte à l’idée d’y retourner tout en l’appréhendant légèrement. Voici quelques éléments parmi tant d’autres qui me manquent et ne me manquent pas quand je pense au Japon.

Ce qui me manque

La nourriture

Je me damnerais pour un bon curry rice. Autant certains plats japonais sont très correctement préparés en France (je n’ai pas à me plaindre des sushis par exemple), autant lorsque l’on ne vit pas à Paris, il est difficile d’avoir accès à tous ses plats préférés, et dans une ambiance similaire à ce que l’on peut expérimenter sur place. Souvent de petits endroits sans chichis où vous commandez par le biais d’une machine, l’eau à aller chercher vous même.. Les quelques premiers jours demandent une petite adaptation mais on s’y fait vraiment bien.

La politesse des japonais dans les services

Il est tellement agréable d’avoir à faire tout au long de la journée à des personnes polies et professionnelles. Certes, cela relève plus de l’obligation sociale que d’un gène de gentillesse plus développé, mais toujours est-il que cela fait du bien. Ne pas avoir l’impression de déranger les vendeurs, voir un policier qui bloque toute la circulation pour vous permettre de traverser (sans que vous le demandiez)…

De grands bonjour, d’aussi grands au revoir. Très commercial, sans aucun doute mais qu’est ce que vous le regrettez quand la première personne que vous croisez à Charles de Gaulle à votre retour vous engueule car vous êtes assis à côté (5 mètres) de son chariot de nettoyage.

La sensation de sécurité

C’est le pays, France comprise, où je me suis sentie la plus en sécurité possible. Quelque soit l’heure (je sortais quasiment tous les soirs et déambulais souvent à 5h du matin en mini robe), l’endroit (les lieux de la nuit, où je ne m’aventure jamais toute seule en France), ou les personnes qui m’accompagnent (seule, avec des amis, des inconnus croisés dans la rue – ce que je n’aurais, à nouveau, jamais fait chez moi).

Il est extrêmement libérateur de ne pas avoir à se soucier constamment de ses affaires (laisser son sac sur sa table dans un café pendant que l’on va se laver les mains est commun), de la façon dont on se comporte, des personnes un peu trop louches. On réapprend à avoir confiance dans les autres.

Attention, il y a bien évidemment de la délinquance au Japon, les meurtres et les vols s’y produisent comme partout mais c’est plus rare.

Les konbini ouverts 24h/24

Ces petits supermarchés sont l’invention du siècle dans le domaine de la praticité et de la surconsommation. Combien de fois suis-je allée chercher à manger à 5h du matin parce que « je le pouvais ». C’était sûrement ma façon à moi de faire ma crise d’adolescence tardive. Chacun son niveau n’est-ce-pas?

Vous ne croisez personne, les vendeurs ne font pas attention à vous, c’est un peu gadget mais en même temps tellement éloigné du quotidien (va te balader en short et tongs en grande ville à 4h pour faire des courses.. Bon courage).

Tokyo Roppongi

Les soirées folles à Tokyo

Mes nuits tokyoites furent mémorables : beaucoup de rencontres, de surprises, de danses, de repas, de folies et le tout avec mes personnes préférées. Sortir à Tokyo est on ne peut plus simple, le contact se fait très aisément et on acquière vite ses habitudes : tel club, telle musique, tel barman.. Une seconde petite famille de la nuit.

Pendant les deux années où je m’y suis rendue, j’ai très peu dormi : visites toute la journée, et sorties jusqu’à 5/6h les nuits. Et cela sur plusieurs semaines ou mois. Autant dire que je rentrais épuisée en France, mais je n’aurais changé cela pour rien au monde car ce sont des moments que je chéris particulièrement.

La beauté des lieux traditionnels

Temples, sanctuaires, jardins japonais, vous avez l’embarras du choix alors comment s’en lasser ? Qu’ils soient en centre-ville ou dans des coins reculés de l’ile de Shikoku, l’expérience est tout aussi marquante parce qu’à l’opposé total de notre quotidien.

Et j’ai beau adorer les églises, j’ai toujours un léger pincement au cœur quand je pense à ces lieux qu’il me tarde de revoir.

Le fait d’être considérée comme un supermodel uniquement à cause de mon exotisme

J’ai beau être classique et ordinaire dans mon pays, au Japon on m’a toujours trouvée très jolie. C’est simple : vous êtes grande, pâle avec des cheveux clairs : vous êtes un mannequin aux yeux de tous et on vous le dit plusieurs fois par jour. C’est à la fois plaisant et dérangeant parce que vous savez que c’est surtout votre exotisme, votre différence qui sont célébrés et non une réelle beauté digne des podiums. Mais ça ne fait pas de mal de profiter quelques minutes. Je recommande cela à tous les timides.

La ponctualité et propreté des transports

Les trains et les métros sont toujours à l’heure, arrivent pile à l’emplacement indiqué au sol prévu pour l’ouverture des portes. C’est un vrai luxe quand on est habitué à prendre le train en France. Des gens formidables y travaillent attention, mais le service n’est malheureusement pas le même, je ne vais pas le cacher.

Concernant la propreté,  certaines stations (Ginza par exemple) sont tellement bien nettoyées qu’on y mangerait par terre.

transports tokyo

Le matcha sous toutes ses formes

Savez-vous combien coûte le matcha (poudre de thé vert) en France ? Un peu plus de 9 euros les 100g en magasin bio. C’est mon drame personnel car je suis une accro intersidérale du matcha que cela soit dans les boissons, les glaces, ou encore les gâteaux : je dévore tout.

Et ça me manque terriblement (car bien entendu je ne paierai jamais 9 euros pour 100g). J’avais fait des réserves lors de mon retour « final » en France mais pas suffisamment.

Le fait de payer en espèces

Tout le monde ne sera probablement pas d’accord, mais j’adore le fait que le Japon ne soit pas un pays où on paye beaucoup par carte bancaire. La raison est simple, je paye moi-même au maximum en espèce de façon générale et à l’étranger je préfère tout autant.

J’aime le côté culturel de l’argent solide, l’infime lien qu’il crée lorsque celui-ci change de main et le côté étrangement sécurisant qu’il apporte (pas de frais bancaires cachés, de carte piratée..).

Les annonces des stations dans le métro

Oui la voix des annonceurs des noms de stations peut donner envie de s’arracher les cheveux à la longue mais ça me manque que voulez-vous. C’est bien le thème de cet article, non ? Ce côté répétitif à l’extrême, les mêmes mots en boucle, le fait de ne jamais tout comprendre et de répéter dans sa tête « Mamonaku, ichiban sen ni Shibuya.. »

Ce qui ne me manque pas

La cigarette dans les espaces publics

Immense paradoxe au Japon : il est interdit de fumer dans la rue, mais c’est autorisé dans les bars et restaurants. Ne fumant pas, j’apprécie particulièrement le fait de pouvoir manger, boire et discuter sans que la fumée et l’odeur de la cigarette ne me viennent au visage.

On s’est plutôt rapidement habitué à cette façon d’agir en France, alors retourner à un coin enfumé se révèle désagréable : bonjour le nettoyage quotidien des cheveux et des vêtements (en plus de l’aspect santé).

Les opinions sur la place des femmes et la maternité

J’ai beaucoup discuté avec des japonais, hommes comme femmes, souvent des personnes très ouvertes d’esprit mais j’ai rarement été comprise lorsque j’ai exprimé mes opinions sur la place des femmes dans la société et mon refus de maternité. Beaucoup y voyaient une excentricité sans réfléchir au-delà.

Le Japon est particulièrement mal classé en terme d’égalité femmes/hommes. Le Forum économique mondial de Davos l’a placé à la 104ème place sur 142 en 2014. Les femmes sont sous-représentées dans le monde du travail notamment en ce qui concerne les postes à responsabilité et en politique. Une majorité d’entre elles arrêtent de travailler pour avoir leurs enfants et s’en occuper.

C’est un schéma paternaliste classique qui ne me plait pas mais qui y est vu comme une normalité, bien plus qu’en France qui pourtant a encore des efforts à faire sur le sujet. Et c’est l’une des raisons principales pour laquelle je n’ai jamais voulu vivre sur le long terme au Japon.

Kimono yukata

Les japonais qui font semblant de ne pas te comprendre

Situation assez frustrante où quand vous parlez japonais, pas parfaitement mais suffisamment pour tenir des propos simples et intelligibles, votre interlocuteur préfère agir comme s’il ne vous comprenait pas, voire comme si vous n’étiez pas là.

Ma pire expérience fut au Parlement (la Diète) à Tokyo où les responsables à l’accueil ont refusé de me parler et m’ont donné un papier expliquant que seules les personnes parlant japonais pouvaient le visiter. J’ai eu beau leur répondre en japonais, je n’ai eu droit qu’à des regards fuyants. Mauvais souvenir et je n’y suis pas retournée depuis.

Je n’ai pas de problème à ce qu’on me DISE non, mais m’ignorer en se contentant de me montrer un papier et en faisant semblant de ne pas m’entendre, je suis étrangement moins fan.

L’odeur de nourriture omniprésente

Autant j’adore manger au Japon, autant les odeurs dans les rues sont, à la longue, écœurantes et cela quelle que soit l’heure puisque de nombreux commerces sont ouverts en continu. A midi ça peut être agréable, mais à 15h sous 45 °C en été, c’est tout de suite moins sympathique.

L’usage de la climatisation à outrance

Le chauffage comme la climatisation sont utilisés à l’extrême dans les transports, les enseignes, restaurants etc.. Et si en hiver j’adore être dans un four, en été l’effet congélateur ne me sied guère et m’a toujours rendue malade au bout de deux semaines maximum.

Suite au tsunami et à l’incident de Fukushima, ils avaient diminué leur consommation électrique pendant l’été 2011, mais il me semble bien que c’est revenu « à la normale ». N’oubliez pas votre écharpe pour les transports en été surtout.

L’absence de poubelles dans les rues

Ce n’est pas dramatique, j’en conviens, mais relativement gênant tout de même lorsque vous en cherchez une. Il faut s’attendre à marcher un bon moment avant d’en trouver et par conséquent à porter ses déchets tout le long de cette recherche. Dans un pays qui utilise un nombre impressionnant d’emballages pour tous ses produits, c’est une interrogation qui demeure sans réponse.

Je m’arrête ici pour ce petit partage car, comme toujours, je suis très bavarde et je  vous laisse la parole : qu’est ce qui vous manque du pays du pays du soleil levant ?

8 Comments

    • Merci beaucoup ! C’est un pays à découvrir absolument. C’est très facile et ça fait du bien de temps en temps de profiter d’un lieu sans trop s’angoisser. J’espère que tu pourras bientôt t’y rendre !

  • J’ai adoré ton article et en ai bu ses mots jusqu’à la dernière goutte ! C’est super intéressant de voir ces différences.
    Pour la clim et la propreté des transports c’est quelque chose que j’ai retrouvé lorsque j’étais à Hong Kong pour ma part, je détestais aussi !! Je me souviens qu’à l’extérieur on pouvait sentir la clim des magasins tellement elle était forte.
    Idem je crois pour l’odeur de la nourriture mais pour ma part je n’ai pas connu les 45° à HK car je n’y suis restée que 3 mois.
    Je pense que les japonnais t’ont ignoré dans certaine situation parce qu’ils ne savent pas dire NON, ils cherchent toutes les façons possibles et imaginable de te le faire comprendre sans te le dire, je pense que c’est quelque chose qui m’agacerait sur le long terme pour quelqu’un de franc (un peu trop parfois) comme moi qui n’aime pas tourner autour du pot.

    Bref j’adore ton article ! Bisous !

    • Merci beaucoup pour ce commentaire et partage ! On est d’accord pour la clim, c’est n’importe quoi ! Pas écolo, ça coute très cher et on finit toujours par tomber malade. Un délice ! Oui les japonais n’aiment pas dire non mais en général ils ne veulent pas l’avouer donc souvent ils vont indiquer une information erronée pour ne pas être malpoli.Comme tu dis, ça tourne beaucoup autour du pot et ça peut s’avérer frustrant Enfin, c’est une expérience parmi tant d’autres 😉

  • Bizarre pour la Diète car je connais pas mal d’étrangers qui sont aller visiter et n’ont eu aucun problème. je pense que tu es mal tombée mais ça me m’étonne pas de Tôkyô, la seule ville où j’ai eu des « problèmes comme ça ».

    Je ne suis pas incommodée par le manque de poubelles, il y en a dans les toilettes publiques et devant les combinis. Par contre la cigarette est aussi une chose qui me dérange.

    • Oui, certains amis y sont retournés un an plus tard et il n’y a eu aucun problème..mais ils étaient avec des japonais.. Si un jour je passe au delà de cette première expérience je retenterai le coup ^^ Merci de ton commentaire !

  • Super article et je confirme, qu’au Japon on se sent plus en sécurité que n’importe ou !!!
    Et le respect, la gentillesse des Japonais …. idem, ça manquant vraiment en france !!

    • Merci de ton commentaire ! L’ambiance même du Japon est apaisante (qui on n’y travaille pas) et on se sent constamment protéger. Un vrai bol d’air frais !

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