Ma jeunesse en 10 romans

10 romans jeunesse
Si les romans jeunesse sont légion depuis presque 20 ans (coucou madame Rowling), cela ne fut pas toujours le cas et je me souviens encore parfaitement de la petite taille des rayons de cette littérature lorsque j’étais enfant. Pour autant, c’est à ce moment là, dans les années 1990/début 2000, que j’y ai fait de merveilleuses découvertes de lectures qui ont eu un impact évident sur la personne que je suis aujourd’hui.

Ce n’est pas un genre que j’aborde fréquemment, peut-être parce que j’aurais l’impression de trahir l’enfant qui existe toujours à l’intérieur de moi en tombant amoureuse de nouvelles oeuvres. Peut-être parce que je redoute, à l’inverse, d’être déçue par la littérature jeunesse actuelle. Peut-être, enfin, parce que plus je vieillis, plus j’ai besoin de challenge dans mes romans et de ne pas avoir l’impression de tirer le livre. Les raisons sont multiples et confuses, mais l’envie de partager quelques lignes à ce sujet n’en est pas moins vivace. En effet, aujourd’hui, je vais vous parler de ces romans jeunesse qui ont changé ma façon de voir les livres et qui demeurent indétrônables dans mon coeur. L’enfant les a adorés, l’adulte les chérit avec soin.

Harry Potter, de J.K. Rowling

Harry Potter

Incontournable. A-t-on vraiment besoin d’en dire plus ? J’ai découvert cette saga l’année de sa sortie en 1998 au moment où ce n’était pas encore connu (si si cette situation a existé pendant quelques mois) et ce fut le coup de cœur littéraire de ma vie. J’ai lu des livres mieux écrits depuis, des trames encore plus profondes mais rien n’y fera jamais : l’amour d’une enfant est éternel.

Aussi étrange que cela puisse paraître, car des millions de personnes ont lu ces romans, j’ai toujours beaucoup de mal à en parler. Je conserve malgré les années et les succès, l’impression de détenir un secret précieux et c’est une sensation particulièrement exaltante.

Le Livre des étoiles, de Erik L’Homme

Le livre des étoiles

Un jeune garçon, des amis, un mentor, des pouvoirs, des livres.. le tout brillamment servi par la merveilleuse écriture de l’auteur, cette saga fut l’une de mes plus grandes frustrations de lecture. Pourquoi cela ? Tout simplement pour l’absence de suite au troisième tome, ce qui fut objectivement une excellente décision de la part d’Erik L’Homme mais que vous avez du mal à comprendre quand vous avez 13 ans. J’aurais aimé ne pas dire au revoir à ces personnages et je le regrette toujours aujourd’hui.

J’ai rarement vu un roman de littérature jeunesse aussi bien mené et je comprends le succès qu’il a pu avoir à l’étranger (pour une fois qu’un jeune auteur français a du poids dans ce genre, c’est appréciable !). Si vous ne l’avez pas encore découvert, je vous y encourage fortement.

Artemis Fowl, de Eoin Colfer

Artemis Fowl

Y-a-t-il meilleur moyen de commencer l’introduction aux anti-héros que par le personne d’Artemis Fowl ? Ce jeune milliardaire de 12 ans brillant et pourtant si loin des clichés du héros innocent met son intelligence et ses forces au service de projets criminels (il cherche notamment à décrypter le livre des fées pour les exterminer).

L’immense force de cette saga provient de son originalité sur la forme autant que sur le fond. Les premières éditions étaient d’ailleurs ravissantes et novatrices pour l’époque (similaires à ce que l’on peut retrouver chez Bragelonne actuellement). L’approche de l’auteur n’a guère été imitée dans les romans jeunesse suivants et cela se comprend : difficile de passer après un travail si emprunt de personnalité.

A la croisée des mondes, de Philip Pullman

A la croisée des mondes

Si une saga devait un jour concurrencer Harry Potter dans mon cœur ce serait sans aucun doute celle-ci. Qu’est-ce que j’ai pu sangloter en la terminant, je ne m’en remettrai jamais et je pense même que mon inconscient a décidé de se créer une autre fin qui conviendrait à mes attentes d’adolescente.

C’est une trilogie absolument épatante et sensationnelle destinée aussi bien aux enfants qu’aux adultes tant les niveaux de lectures sont nombreux. C’est l’historie de Lyra, une jeune orpheline de 13 ans vivant à Oxford dans un monde parallèle au nôtre où les gens possèdent un «daemon », une partie de leur âme prenant la forme d’un animal. Elle va se retrouver embarquée dans un voyage à travers plusieurs pays et plus encore jusqu’à remonter à LA vérité qui dirige notre monde.

Des ouvrages très audacieux mêlant science et religion sur un ton polémique qui n’en est pas moins intelligible et pertinent. Une véritable ouverte d’esprit en plus d’une expérience littéraire inoubliable. Pour cela, je suis heureuse d’être née à cette époque, il aurait été dommage de rater un tel chef d’œuvre.

La Trilogie de Bartimeus, de Jonathan Stroud

La trilogie de Bartimeus

J’ai longtemps cru qu’il s’agissait d’un roman unique, parce que la suite n’est jamais sortie lorsque j’étais enfant. Cependant, même sans cette dernière, Bartimeus fut l’une des lectures les plus mémorables de mon enfance. Nathaniel, jeune apprenti-sorcier de 12 ans cherche à se venger du terrible sorcier membre du gouvernement Simon Lovelace et va pour ce faire invoquer le djinn Bartimeus, un personnage haut en couleur à l’humour décapant.

Le ton mordant et taquin de la plume permet d’aborder la trame souvent classique de cette littérature d’une façon beaucoup plus libérée et insolite. Et si les évènements sont relativement prévisibles du point de vue d’un lecteur confirmé, cela reste un excellent moment de lecture qui donne envie de se jeter sur la suite.

Peggy Sue et les fantômes, de Serge Brussolo

Peggy Sue

J’ai l’impression de faire partie des exceptions à affectionner particulièrement cette saga française. Je peux encore me rappeler du jour où le premier tome m’a été offert et je suis heureuse de constater qu’il n’a pas changé d’odeur (j’ai beau aimer la liseuse, je n’en demeure pas moins accro aux odeurs de livres).

Déjà, il s’agit probablement d’un des premiers romans d’aventure (à l’exception de Pullman) que j’ai lu dans lequel le personnage principal est une jeune fille et je dois avouer que cela m’a marquée. C’est une héroïne à laquelle je me suis rapidement attachée de par son histoire personnelle de bouc émissaire qui n’est pas faible pour autant dans sa lutte face aux fantômes (les Invisibles) que seule elle peut voir.

Le principal atout de cette saga est de permettre au lecteur d’être considéré comme un adulte par l’auteur qui ne nous épargne pas vraiment (en abordant des meurtres par exemple), où du moins c’est l’impression qui est donnée. J’avais 11/12 ans et pourtant l’auteur me parlait comme si j’en avais 15, quelle excitation pour une enfant de ne pas être prise pour une imbécile ! C’est une saga dont la qualité des tomes varie et je la soupçonne d’être plus difficile à apprécier si on n’est pas tombé dedans à un jeune âge mais c’est un classique de la littérature jeunesse qu’il ne faut pas oublier.

Le Seigneur des Anneaux, de J.R.R. Tolkien

Le seigneur des anneaux

Gigantesque saga découverte à 11 ans suite à la sortie du premier film : j’ai tenté et j’ai plongé dedans pour n’en ressortir que quelques semaines plus tard à la fin du Retour du Roi.

Certes, il s’agit d’une lecture exigeante qui n’est généralement pas recommandé aux jeunes lecteurs (mais il faut se rappeler que Tolkien la destinait aux enfants lui), pourtant je l’ai trouvé étonnement accessible. L’histoire est dynamique et on ne demande qu’à connaitre la suite (surtout qu’à cette époque les autres films n’étaient pas encore sortis – quelle torture ! Une seule solution : les livres).

Tolkien est un merveilleux auteur que je qualifie sans peine de classique. Il a une facilité avec les mots déconcertante, et pourtant si attirante. On se sent comme un papillon devant une lampe à vouloir s’en approcher sans penser aux conséquences ou sans s’en soucier.

C’est une saga monstre, mais un incontournable qu’il est plaisant de relire à un âge plus avancé et contrairement aux autres romans mentionnés : on ne l’apprécie que plus.

Le club des cinq, de Enid Blyton

Le club des cinq

Publié bien avant ma naissance, le club des cinq n’en est pas moins une série de romans que j’ai pris un plaisir fou à découvrir dans la collection de la Bibliothèque rose. Un sujet à polémique puisque si vous l’ignorez, plusieurs références de ces livres publiés dans les années 40/60 ont été retraduites en 2006 pour simplifier (on pourrait dire aussi « appauvrir ») le contenu et supprimer certains propos considéré comme limites (et en effet on y trouve de nombreuses considérations sexistes et racistes). Si vous voulez en savoir plus sur ce sujet voici quelques articles : libération, marianne, livrehebdo.

Des enquêtes, un chien adorable, une bande d’amis, une héroïne forte qui refuse les signes extérieurs de féminité (du moins ce que la société considère comme étant de la féminité – dommage toutefois qu’on ne montre pas qu’un personnage peut être fort sans aborder des éléments dits « masculins » : qu’elle s’appelle Claudine ou Claude ne change rien à la personne. Mais, il faut se rappeler la date de rédaction de l’ouvrage), des leçons de vie, une écriture simple mais bien plus belle que dans les nouvelles éditions (un conseil si vous désirez les lire : fouillez chez vos parents ou en bibliothèque mais ne prenez pas les nouvelles versions)… De très bons moments et des souvenirs plein le cœur.

Georgia Nicolson, de Louise Rennison

Georgia Nicolson

Un petit peu plus récent, mais tout aussi mémorable, cette série de livres racontant les mésaventures quotidiennes d’une adolescente anglaise et de sa famille décalée, est une bouffée d’air frais ! Savez-vous combien d’amitiés j’ai lié en mentionnant ces livres et en réalisant que mon interlocuteur avait également lu et aimé ces écrits ?

Moins littéraire que les autres ouvrages de cet article, ce sont pourtant des romans que je lis toujours avec plaisir en riant d’aussi bon cœur qu’il y a 10/12 ans. On se reconnait en Georgia, son physique ordinaire, ses copines délurées, ses plans foireux avec les garçons et toutes ses aventures. C’est mon « go to » lorsque j’ai une baisse de moral et que j’ai besoin de rigoler. Vous n’oublierez pas Georgia de sitôt !

La bibliothécaire, de Gudule (Anne Duguël)

La bibliothécaire

Un classique que nous sommes beaucoup à avoir lu au collège j’imagine, c’est un roman palpitant qui nous entraine à la suite de Guillaume, un adolescent n’aimant pas lire, et de ses aventures à la bibliothèque.

Une plongée dans un monde des amoureux des mots et des livres qui est ouvert à tous : lecteurs ou non. On y découvre des auteurs et des écrits classiques de la littérature à travers de nombreux personnages notamment, mais je ne veux pas trop en dire.

C’est un roman intéressant et intelligent qu’il est bon de faire lire aux élèves et si cela peut mener à se pencher plus sur le travail de Anne Duguël, qui écrit avant tout pour les adultes, c’est encore mieux.

Voici les romans qui ont marqué ma jeunesse. J’aurais pu mentionner d’autres classiques tels que Roal Dahl, Pierre Boterro, Lewis Caroll mais je dois avouer les avoir découverts un petit peu plus tard et de fait, ils n’ont pas eu le même impact que ces autres romans. Ils n’en demeurent pas moins d’excellentes références. Et vous, quels sont vos romans jeunesse coups de cœur ?

10 Comments

  • bonjour Laura

    en visite sur ton blog 🙂
    quel bonheur de découvrir les livres qui ont meublé ta jeunesse enfin ….ta petite jeunesse ^^
    j’ai noté deux héros pour jeune nièce qui à 10 ans enfant « précoce  » au collège à 9ans dans une classe de 6Eme grande lectrice devant ..la vie 😉 ces héros qui t’ont mis en joie je voudrais les lui faire découvrir il s’agit de Artamis Fowl et de Peggie sue
    pour le club des cinq elle les livres de notre jeunesse elle adore
    je t’envoie mes plus belles salutations avec un gros bisous merci encore et toujours

    • Coucou chère Elo, merci de ta présence! J’espère que ta nièce appréciera ces livres, vraiment. J’ai beaucoup aimé grandir avec ceux-ci. Gros bisous <3

  • Très jolie sélection. Pour ma part je ne lisais pas énormément étant enfant en revanche au début de l’adolescence j’ai découvert Harry Potter et depuis j’ai lu la saga au moins 5 ou 6 fois. Comme tu le dis si bien c’est incontournable !

  • Oh la la Harry Potter <3 sacrée bouleversement chez moi…
    Enfant, je n'aimais pas trop lire, les livres de la Comtesse de Segur beurk.. J'aimais le club des 5 et Fantomettes… Je les lisaient en boucle… Puis je suis tomber sur Dracula de Bram Stocker à 13 ans, je me suis rendue compte que j'adorais la lecture (quand je les choisissaient)…

    Puis le Hobbits, puis le seigneurs des anneaux, qu'il faudrait que je relise.
    Puis Azimov, puis K.Dick et tout pleins d'autres choses 🙂 Fantasy, Histoire, Pollars et SF…

    Me voici moi, addict à la lecture:-)

    On m'a offert l'integral de la Croisée des mondes car je ne l'avait pas lu… Idem pour bibliotheque de Gudulle pour mon anniversaire cette année 🙂

    À 29 ans, j'ai hâte de les lires 🙂

    • Il n’est jamais trop tard pour aimer lire, c’est tout son pouvoir. Je suis certaine que tu adoreras la croisée des mondes, c’est définitivement mon numéro 2 du genre (et probablement parce que je l’ai découvert après HP), n’hésite pas à me faire connaître ton avis!

  • C’est vrai que la littérature jeunesse a connu un boum depuis une bonne quizaine d’années (et comme tu le dis, un certain petit sorcier à lunettes n’y est sans doute pas pour rien ^^) ; moi qui suis de quelques années plus âgée que toi, je me souviens qu’en tant que (pré-)ado, c’était assez dur de trouver des livres qui me plaisaient, soit parce que je ne voulais plus lire des livres trop enfantins, soit parce que je ne m’intéressais pas encore à la littérature étiquetée « adulte ». Quand je pense que j’avais déjà 17 ans quand Harry Potter est sorti, ça me fiche un coup de vieux, quand même 😀 Aujourd’hui, à presque 35 ans (bah oui !), je me rattrape un peu et il m’arrive de lire des livres jeunesse de temps en temps. Parmi ta liste, j’adore Harry Potter et Le Journal de Georgia Nicolson (j’en ai pleuré de rire avec cette dernière, même si je me suis lassée au fil des tomes…). Sinon, comme je passais mon temps à la bibliothèque quand j’étais enfant/ado, j’ai quand même quelques titres qui me viennent en tête, même s’ils ne sont pas aussi récents que les tiens 😉 :
    * Les Enfants Tillerman, de Cynthia Voight, roman que j’ai relu un nombre incalculable de fois et qui reste un de mes plus beaux souvenirs de cette époque ;
    * les romans de Judy Blume, toujours très justes et très vrais ;
    * c’est aussi à cette époque que j’ai découvert Marie-Aude Murail et sa série mettant en scène son héros Émilien, j’ai tout de suite accroché et aujourd’hui, je guette toujours la sortie de ses nouveaux romans avec impatience (son dernier, 3000 façons de dire « je t’aime », est très bien). J’ai d’ailleurs lu beaucoup de livres de L’Ecole des Loisirs par la suite, et c’était en grande partie grâce à elle ;
    * un peu plus jeune, j’ai aussi connu Le Club des Cinq et les autres héros de la Bibliothèque Rose et de la Bibliothèque Verte, grâce au placard de chez mes grand-parents qui débordaient de ces petits romans <3
    Sinon, quand je ne trouvais pas mon bonheur, je lisais du Molière que j'adorais à l'époque, mais que je n'ai pas relu depuis des années, étonnamment.
    Merci pour cet article qui m'a permis de replonger dans les lectures de mon enfance/adolescence ; je ne sais pas si je les relirai aujourd'hui, car j'ai toujours un peu peur d'être déçue des années après… Même si je pense que certaines sont et resteront intemporelles 🙂

    • Merci beaucoup pour ce commentaire et toutes ces références, dont je prends personnellement note et j’espère que d’autres le feront également ! Les livres que je mentionne ne sont pas particulièrement récents non plus, mais je les conseille toujours fortement! Bonne nuit.

  • Etant de la même génération je me rends compte qu’on a eu des lectures d’enfance très similaires.

    Harry Potter est surement la série que j’ai le plus lue et relue et elle a bien évidemment marqué mon enfance mais en terme d’impact pur je pense que la trilogie « A la croisée des mondes » a eu un effet encore plus grand sur moi. J’ai l’impression c’est la lecture qui m’a fait passer de l’enfance à l’adolescence et qui m’a donné envie de m’intéresser à des sujets plus « matures » tels que la science, la religion… Je l’ai beaucoup moins fréquemment relu que HP, probablement à cause de cette fin terrible qui m’avait vraiment fait déprimer à l’époque, mais j’en garde un souvenir incroyable.

    Parmi les lectures moins marquantes mais dont je sens encore l’influence aujourd’hui, il y a toute la série des chairs de poule qui s’est prolongée par le culte que j’ai pu vouer à Stephen King à l’adolescence. Depuis je n’ai jamais cessé d’adorer les romans fantastiques ou d’horreur.

    Les goûts ont beau évoluer avec l’âge et le temps qui passe, je suis persuadé qu’on reste toujours plus ou moins « prisonniers » des lectures qu’on a aimées dans notre enfance.

    Très belle idée d’article en tout cas !

    • Merci beaucoup pour ton commentaire et ton partage ! Oh oui j’ai souvenir des Chairs de poule.. je dois avouer avoir été impressionnée par ces derniers étant enfant, peut-être trop pour réellement les apprécier, mais je prends à présent grand plaisir à mourir de peur sous ma couette avec toutes les lampes allumées à dévorer Stephen King et ses mots terrifiants.
      Je te comprends tellement pour A la croisée des mondes, je l’ai également moins relu car c’est un deuil à chaque fois…

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