Le mémoire de fin d’études en 10 conseils

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Ahh le mémoire, cet exercice tellement redouté des étudiants de troisième cycle, et pourtant loin d’être si terrible, une fois quelques éléments posés.

Suite à ma vidéo présentant mes conseils d’organisation et de réussite pour les cours, il m’a été demandé quels étaient les conseils que je pouvais offrir pour la réussite du fameux mémoire. Bien évidemment, il ne s’agit que de points que je tire de ma propre expérience, mon mémoire universitaire demandé lors de mon Master 2 ayant été rendu en septembre dernier, et il ne s’agit aucunement d’une recette miracle qui fonctionnera pour tous. Je préfère voir ces suggestions comme des rappels de bon sens à ne pas oublier mais qui ont fait leur preuve chez moi.

Je précise que je n’ai pas eu à soutenir à l’oral mon mémoire (ayant parallèlement un rapport de stage à rédiger, il n’y a pas eu de présentation orale de notre travail). Mes conseils concernent ainsi uniquement l’écrit. Pour les aspects plus techniques, renseignez-vous auprès de votre directeur de mémoire ou même directeur de master. Ce sont ces règles-ci qu’il va vous falloir respecter, plutôt que de suivre une quelconque méthode sur internet (celles-ci peuvent toutefois être utiles pour les points non abordés par votre professeur).

1) Choisissez un sujet qui vous intéresse réellement

C’est le point fondamental de la rédaction d’un mémoire : il est indispensable d’être un minimum intéressé et motivé par son sujet sous peine de réellement subir ce travail plutôt que de le porter (le poids reste le même, mais la dynamique est différente). Il faut le dire clairement : les deux dernières semaines, vous n’en pourrez plus de ce mémoire, vous le détesterez et le vomirez même tellement son importance va être omniprésente au rapprochement de la date butoir à laquelle il va vous falloir le rendre. C’est la raison pour laquelle, aimer son sujet se révèle un vrai avantage car l’effort sera un peu plus aisé à supporter.

De plus, si le sujet traité vous plait, cela se verra inévitablement à la rédaction, ce qui peut vous rapporter des points, le mémoire ayant une fonction de démonstration et d’argumentation. Si vous y mettez de vous même, tout en gardant la distance nécessaire à ce type d’exercice, votre écrit aura une autre saveur, qui peut subjectivement toucher votre lectorat et votre auditoire.

2) Le plan est le noyau clé de votre réussite

L’élément le plus complexe dans la réalisation d’un mémoire est de trouver le bon plan. Une fois cela accompli, la moitié du travail est fait. Certes, la rédaction est longue et fastidieuse mais si vous avez votre plan détaillé, cela ne relève plus de la difficulté puisque tous les éléments sont présents. Il vous suffit alors de vous armez de patience et de développer chacun de ces arguments.

Comment trouver un bon plan ? Il faut savoir qu’il n’existe pas de plan type, le classique en droit étant toutefois un plan en deux parties (le plan en trois parties est tout à fait envisageable, cela dépend uniquement du sujet et de la problématique). C’est ici que le rôle de directeur de mémoire est important puisqu’il va vous guider dans l’organisation de votre logique de démonstration. Cela peut demander un certain temps pour que vous parveniez tous les deux à un accord, mais une fois ceci atteint, vous êtes sur la bonne voie.

Remarque : pour les personnes ayant un directeur de mémoire peu impliqué, n’hésitez pas à avancer sans lui lorsque vous avez conscience de maitriser votre sujet. Cela a été mon cas : étant plutôt certaine de mon plan et de ma compréhension du sujet, et ayant un directeur se désintéressant totalement de ses étudiants, j’ai avancé seule et il ne m’a validé mon plan que bien après mon début de rédaction, à un mois et demi de la remise du document. Pour les moins indépendants et moins sûrs d’eux, prenez contact auprès de votre directeur de mémoire jusqu’à ce qu’il vous réponde, car de ce plan, peut dépendre votre réussite.

3) Planifiez bien les étapes de recherche, mise en place des éléments et rédaction

Vous commencez peut être à me connaitre : je ne suis qu’organisation et je considère que c’est primordial dans de multiples aspects de la vie et principalement les études. Quelque soit l’échelle que vous prenez, il faut que vous planifiez vos différentes étapes de constitution du mémoire.

Cela commence par les recherches de documents (livres, internet, thèses, vidéos, statistiques…) qu’il va vous falloir réunir, lire, et trier pour savoir ce qui va vous être utile et ce que vous allez intégrer dans votre travail. Ensuite, il faut se concentrer sur votre plan et la mise en place de votre argumentation (tel élément va dans telle partie, j’y mets tel exemple), pour finalement se consacrer à la rédaction et à la relecture.

Accordez-vous une durée de temps pour chacune de ces étapes, et cela avec le plus de minutie possible, notamment pour ce qui relève de la rédaction. Par exemple, donnez-vous 5 jours pour rédiger la section 1 de la partie 1, ce qui peut se diviser en : paragraphe 1 de la section 1 en 2 jours et le paragraphe 2 de la section en 3 jours. L’avantage étant que chacune de vos partie devant être de taille à peu près égale, il est aisé de calculer un tel partage des taches. A nouveau, si votre plan est bien détaillé dès le départ, une telle organisation ne peut qu’être bénéfique. Dans le cas contraire, c’est un petit peu plus risqué.

4) Le plus n’est pas toujours l’ennemi du mieux

La quantité ne signifie pas la qualité. C’est vrai. Toutefois, dans le cadre d’un mémoire, il vous faut montrer vos connaissances et votre maitrise du sujet. Pour cela, il est indispensable de développer correctement vos arguments, ce qui demande obligatoirement une quantité minimale de mots et de phrases. Le cas contraire risquerait de donner une mauvaise première impression (qui peut bien entendue être inversée à la lecture !).

Il ne s’agit pas d’écrire pour écrire, parce que votre directeur de mémoire remarquera immédiatement que le contenu se révèle être plutôt creux. En revanche, en proposant des paragraphes complets, remettant au propre les notions, remplis de détails pertinents et d’exemples justement proposés, il y a de grandes chances pour que vous attiriez l’attention du correcteur sur votre capacité de travail. C’est le moment où il vous faut montrer ce que vous avez acquit comme méthodes de travail au cours de vos années d’études, alors faites votre maximum. Il vaut mieux apporter plus d’éléments (tout en restant dans le thème, le hors-sujet est à proscrire) que pas assez.

J’ai pu observer autour de moi que les dossiers les plus fournis et argumentés avaient eu de meilleures notes que les autres.

5)  Ayez une bibliographie complète et variez vos sources

La bibliographie représente une part non négligeable de votre travail et surtout de votre note ! A l’inverse de la thèse, il ne vous est pas demandé d’apporter un plus aux études déjà réalisées, mais de produire un argumentaire faisant état des théories actuelles. Les idées proposées, les arguments utilisés, les doctrines expliquées proviennent de sources extérieures dont il vous est obligatoire de faire mention pour démontrer l’importance de votre implication dans les recherches accomplies, pour permettre à votre directeur de mémoire de vérifier ces sources, et tout simplement de « Rendre à César ce qui est à César ».

Ces sources doivent être les plus variées et nombreuses possibles. Il peut s’agir de livres, de décisions judiciaires, d’émissions de télévision, de schémas, de sites internet, de journaux, etc… Je conseille également de ne pas négliger les documents en langue étrangère parce que les études sur le sujet peuvent être plus développées dans un autre pays qu’en France.

Ce fut mon cas : les 3/4 de mes sources étaient des livres et thèses rédigées en anglais, et cela sur 15 pages, ce qui a eu l’avantage de montrer ma capacité à élargir mes recherches, passer outre la « barrière de la langue », mais également de limiter les vérifications de la part de mon directeur ne maitrisant pas bien l’anglais et éviter tout plagiat puisque je traduisais moi-même tous les textes.

6)  L’orthographe, la conjugaison, la grammaire et la syntaxe ne sont pas à négliger !

Ce peut paraitre logique, mais les professeurs trouvent fréquemment dans les mémoires de nombreuses et importantes fautes, notamment d’orthographe et de conjugaison. Que votre plume ne soit pas la plus littérairement agréable relève du détail, il ne vous sera pas retiré de points sur ce seul fait. Mais, cela ne sera pas le cas si vous ne faites pas attention à éviter toutes ces fautes qui sonnent si mal à l’oreille et brulent les yeux. Il n’y a rien de tel pour influencer à la négative votre correcteur. Peu importe que votre contenu soit bon, la première impression est essentielle, et cela passe par la mise en page et l’absence de fautes d’orthographe.

7) Bannissez le plagiat

Une erreur encore plus grave que les fautes d’orthographe ou de conjugaison lors de la rédaction de mémoire, est le plagiat. Il vous est absolument interdit de reprendre un document (une photo, une phrase, un paragraphe) et de le présenter comme s’agissant du votre. Vous devez réaliser du début à la fin le mémoire en utilisant vos propres mots. Les professeurs, et on les comprend, on une sainte horreur du plagiat et ils ne seront pas tendres avec vous s’ils réalisent que vous avez, pour le poser simplement, fait du copier-coller. Les établissements disposent d’un logiciel pour repérer de tels agissements, aussi ne vous y tentez même pas, cela ne vaut pas le coup.

Mais alors que faire ? Ce qui vous est interdit est de copier un élément et de vous l’approprier comme s’il était le votre. Or, il vous est parfaitement autorisé de reprendre une phrase, une explication et de la citer, en indiquant votre source à l’aide d’une note de fin de page. Ne soyez pas avare de ces petites notes, ça montre votre humilité et met en valeur votre capacité de recherche si les sources sont variées.

N’oubliez pas que le mémoire est une démonstration : vous devez montrer que vous avez travaillé dur et maitrisé le sujet, ce qui se traduit notamment par la connaissance des études réalisées sur le sujet et des auteurs clés.

8) Respectez la mise en page demandée

Votre directeur de master vous a fourni des instructions pour réaliser votre mémoire, et il est important de les suivre à la lettre. Tous les établissements ne disposent pas des mêmes consignes aussi faut-il appliquer les conseils qui vous sont donnés par ceux qui vous noteront.

A nouveau, cela peut paraitre logique, mais j’ai moi-même pu observer des camarades de promotions s’interroger sur des propos pratiques alors que les réponses étaient clairement posées dans les consignes. C’est le premier élément qui va vous juger ; êtes-vous capable de suivre des instructions. Dans une telle situation, il ne faut pas chercher l’originalité, mais l’efficacité.

Cette mise en page peut aussi bien concerner la taille des interlignes, ou de la police, des précisions sur les notes de bas de pages ou la bibliographie, l’obligation des remerciements, le choix entre sommaire et table des matières (par exemple, dans mon cas, pour le mémoire il ne fallait pas créer de sommaire mais uniquement une table des matières).

9) Employez un langage compréhensible par tous

Le mémoire n’est pas destiné qu’aux professeurs spécialisés dans votre domaine d’étude, mais il peut avoir vocation à être lu par des profanes, non coutumiers de votre vocabulaire pointu, aussi faut-il veiller à utiliser un langage qui puisse être compréhensible par le plus grand nombre, de façon à ce que chacun assimile votre démonstration. Cela démontre votre capacité d’adaptation à la demande, qui vous sera nécessaire sur le plan professionnel.

10) Faites relire votre travail par un tiers (mais ayez le dernier mot)

La rédaction n’est pas la dernière étape de votre mémoire, il est important de le relire pour y apporter toutes les corrections nécessaires sur le plan grammatical, orthographique mais également sur celui de la syntaxe. Pour cela, n’hésitez pas à faire relire votre mémoire par un proche qui vous dira clairement quels en sont les points positifs et ceux négatifs. Ayant passé des semaines, voir des mois sur votre travail, vous risquez de laisser échapper quelques fautes, ce qui est moins souvent le cas d’un correcteur découvrant l’écrit pour la première fois.

Rappelez-vous toutefois que la meilleure des corrections reste la votre puisque vous êtes le seul à avoir connaissance de l’objectif visé, aussi faites-vous confiance et établissez une troisième relecture de votre part. Concrètement, si le temps et votre organisation vous le permettent cela peut se passer ainsi : relisez une première fois votre travail, puis faire le relire par un tiers une deuxième fois, et finalement relisez-le vous-même une troisième fois. Il s’agit d’une étape plutôt fastidieuse et longue mais à ne négliger sous aucun prétexte.

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J’espère que ces conseils vous auront été utiles. Bien évidemment, ils ne proviennent que de ma propre expérience, ce qui signifie qu’ils peuvent ne pas s’accorder à tous et cette liste n’est par ailleurs pas exhaustive, mais ils ont fonctionné formidablement bien pour moi ce qui explique pourquoi je vous en fait part!

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