Je ne veux pas y aller, suis-je normale ?

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J’aime voyager, c’est un fait, et je peux aisément retourner aux mêmes endroits plusieurs fois sans me sentir coupable.

Tel ne fut pas le cas lorsque j’ai réalisé que je n’étais, pour le moment, pas intéressée par la découverte de certains pays, où tout du moins par leur découverte imminente. Et cela fut d’autant plus frappant qu’il s’agissait de pays très populaires auprès des voyageurs. Les mentionner n’a pas réellement d’importance pour mon propos mais je pense à la Thaïlande, à l’Australie, à l’Inde, à l’Espagne (en dehors de l’Andalousie) et au Brésil. Oui, oui, ce sont des destinations qui en font rêver plus d’un et j’ai conscience de mon décalage. J’ai beau trouver les lieux superbes et emprunts de charme, ils ne font pas partie de mes 15 prochaines destinations de voyage(pour le moment, je peux toujours changer d’avis pendant la nuit). Je me sens mal de dire cela alors que je ne connais guère, ou peu, ces lieux et je trouve cela très paradoxal pour quelqu’un qui se veut ouvert d’esprit de tenir un tel discours. J’en profite pour dire qu’il n’y a bien évidemment rien de xénophobe dans mes propos, c’est simplement un sentiment sur lequel je m’interroge et que je n’ai pas vu mentionné sur d’autres sites. Je n’ai aucune animosité envers ces pays, au contraire, ils me fascinent, mais je ne ressens tout simplement pas le petit « quelque chose/déclic » qui me donne l’envie de partir tout de suite.

Je m’interroge sur la raison à ce manque de motivation. Est-ce le danger ? Non, ce n’est pas (uniquement) une question de danger, je suis par exemple très intéressée par l’Egypte, l’Iran ou l’Irak, malgré le fait que plusieurs amies aient fait de mauvaises rencontres et que le régime politique soit loin d’être stable.

Alors qu’est-ce ? L’effet de mode, la popularité ? Peut-être un peu oui. Je savoure inconsciemment peut-être l’idée de ne pas faire comme les autres, sauf que je ne vois pas d’inconvénients à me rendre à Rome ou Londres, qui sont des destinations très populaires de séjour à l’étranger, donc l’argument demeure limité.

Peut-être que me rendre non accompagnée dans ces endroits met un frein à cette entreprise ? Pour l’Inde peut-être (Il faut avouer que le Taj Mahal à deux fait tout de suite plus rêver), mais ce n’est pas le cas de l’Australie.

Une autre explication pourrait-elle être la peur d’être déçue ? Cela se rapproche peut-être plus de la vérité en ce qui me concerne. J’essaye de les réfréner, mais j’ai des attentes en voyage, ainsi que des images en tête et mon expérience personnelle (pas forcément en lien avec les voyages) fait que je prends mal les déceptions et les attentes ratées. C’est quelque chose sur lequel je dois travailler, sans aucun doute. Mais je ne suis pas certaine d’avoir de réelles attentes sur certains lieux, donc à nouveau, je me retrouve sans pouvoir m’expliquer mon sentiment.

Je n’ai finalement guère de réponse, je ne peux faire que des suppositions.

Ce n’est peut-être pas conventionnel mais je ne pense pas que ce soit anormal. J’irai un jour dans ces pays, je le sais, mais je pense que chaque chose vient en son temps. Certaines femmes ne ressentent pas l’envie d’avoir des enfants avant un âge « avancé », et cette même logique s’applique à ma manière de voyager. Je voyage comme je le sens, même s’il n’y a pas de logique, même si cela me mène trois fois d’affilée au même endroit. Je n’ai pas pour objectif de tout voir, tout faire, je ne veux pas que mes voyages deviennent une compétition (avec les autres mais surtout avec moi-même).

Je suis sans aucun doute trop cérébrale, j’ai du mal à lâcher prise et probablement qu’en me posant moins de questions ma vie serait plus aisée. Mais j’essaye de rester vraie à ce que je suis, même si cela veut dire vivre avec mes défauts et mes insécurités.

Je ne sais pas si ce sentiment est partagé par d’autres personnes, c’est très particulier, mais je ne pense pas non plus être un individu tellement unique que ça n’arrive qu’à moi. N’hésitez pas à me faire savoir votre sentiment sur le sujet !

3 Comments

  • Alors moi je pense que tu es normale 🙂 On peut tout à fait être ouverte d’esprit, portée à la découverte et en même temps avoir ses préférences en termes de destination, tout dépend comme tu dis de ce que l’on cherche dans le voyage, si c’est une sorte de performance, un marathon à « faire » le plus de pays possible, n’importe lesquels au hasard, ou bien si, tout en ayant cette soif de découverte, on va être plus sélectif, marcher au coup de cœur, à l’instinct, juste par besoin de mettre du sens derrière ses choix de destination, qu’il y ait une raison particulière à ce choix, que ça veuille dire quelque chose, qu’il y ait comme une petite histoire qui se crée entre tel pays et soi.
    Il n’y a pas de règles, l’essentiel c’est que tu te fasses plaisir et que tu te sentes bien là où tu vas quitte à te rendre plusieurs fois au même endroit : si ça fonctionne pour toi, c’est tout ce qui compte 🙂

  • Coucou, j’enchaine tes vidéos et articles comme un roman qu’on ne quitte plus, ou une bonne série bien ficelée lol. C’est la première fois que je croise une personne qui est « définie » par la même valeur que moi (la liberté), mais bon pas très étonnant car je suis arrivée chez toi par la passion des voyages (je reviens du japon ^^). Pour en revenir à nos moutons, je pense que c’est une question d’instinct, de moment, et de chemin de vie. Etre cérébrale n’empêche pas d’être instinctive, et personnellement je ressens la même chose sur mes destinations, bien que j’ai envie de tout découvrir, voir, ressentir. Pour exemple, l’Australie est un pays fascinant d’où mon entourage revient enchanté, et où il y a énormément à voir et découvrir, mais je n’ai pas la petite flamme le concernant, ce n’est tout simplement pas le moment. Actuellement ce n’est pas qu’il ne m’intéresse pas mais je ne ressens en quelque sorte pas d’attirance pour lui. D’ailleurs tu cites l’envie de faire ou non des enfants, c’est donc déjà une petite réponse a ton questionnement par cet exemple est très bien choisi: c’est une question d’instinct. Je pense qu’a partir du moment où le voyage est ancré en nous, la destination n’est plus une question de mode mais de sentiment (pas forcement au sens exalté du terme, mais au sens d’une correspondance profonde a une envie ou un état d’esprit, qui peut évoluer au fil des années).

    J’en profite pour te remercier de tout ce partage, j’adore !

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